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samedi 18 février 2012

Sherlock Holmes - Borges


No salió de una madre ni supo de mayores.
Idéntico es el caso de Adán y de Quijano.
Está hecho de azar. Inmediato o cercano
lo rigen los vaivenes de variables lectores.

No es un error pensar que nace en el momento
en que lo ve aquel otro que narrará su historia
y que muere en cada eclipse de la memoria
de quienes lo soñamos. Es más hueco que el viento.

Es casto. Nada sabe del amor. No ha querido.
Ese hombre tan viril ha renunciado al arte
de amar. En Baker Street vive solo y aparte.
Le es ajeno también ese otro arte, el olvido.

Lo soñó un irlandés, que no lo quiso nunca
y que trató, nos dicen, de matarlo. Fue en vano.
El hombre solitario prosigue, lupa en mano,
su rara suerte discontinua de cosa trunca.

No tiene relaciones, pero no lo abandona
la devoción del otro, que fue su evangelista
y que de sus milagros ha dejado la lista.
Vive de un modo cómodo: en tercera persona.

No baja más al baño. Tampoco visitaba
ese retiro Hamlet, que muere en Dinamarca
que no sabe casi nada de esa comarca
de la espada y del mar, del arco y de la aljaba.

(Omnia sunt plena Jovis. De análoga manera
diremos de aquel justo que da nombre a los versos
que su inconstante sombra recorre los diversos
dominios en que ha sido parcelada la esfera.)

Atiza en el hogar las encendidas ramas
o da muerte en los páramos a un perro del infierno.
Ese alto caballero no sabe que es eterno.
Resuelve naderías y repite epigramas.

Nos llega desde un Londres de gas y de neblina
un Londres que se sabe capital de un imperio
que le interesa poco, de un Londres de misterio
tranquilo, que no quiere sentir que ya declina.

No nos maravillemos. Después de la agonía,
el hado o el azar (que son la misma cosa)
depara a cada cual esa suerte curiosa
de ser ecos o formas que mueren cada día.

Que mueren hasta un día final en que el olvido,
que es la meta común, nos olvide del todo.
Antes que nos alcance juguemos con el lodo
de ser durante un tiempo, de ser y de haber sido.

Pensar de tarde en tarde en Sherlock Holmes es una
de las buenas costumbres que nos quedan. La muerte
y la siesta son otras. También es nuestra suerte
convalecer en un jardín o mirar la luna.




Sherlock Holmes de Guy Ritchie (2009)

Sherlock Holmes - Juego de sombras de Guy Ritchie (2011)

mardi 14 février 2012

SAMBOLERA - Khadja Nin

                                                         

Sambolera mayi hijo
(Toby ninkevin Mulligan)
la sambolera mundo
oh! Se yijifondeya
Nuestro mundo sambolera
¿Por qué la locura ... mayi
la sambolera mundo
oh! Se jisondeka
no un dios sambolera
oh! la gente ... mayi
mala gente sambolera
oh! no uluma
dice ji dijo sambolera
Su mundo es ... mayi
Si Dios quiere sambolera
oh! se gukumbuka
manera de darle sambolera
oh! tratar de
delante de Dios sambolera
oh! ¿Cómo responder?
dicen que el dios o ju
habían sido asesinados Corazon
¡Oh! guerre de Dios?
oh! guerre de qué color?
oh! guerre arterial alta
color de la sangre
Otros son un
La sangre es más sambolera
oh! Que las personas persiguen
ju sambolera persona del singular
oh! Él quiere ... mayi
es la guerra ... hijo
ACA decir sambolera
oh! mayisha presencia
dirán que sambolera
alakini Corazon
No tubiye
ngoyela ... hijo
Mayele
oh! oh! oh!
Niye! Niye! Niye!
los locos no wuogope hijo ...

dimanche 5 février 2012

Quand t'es dans le désert - Jean-Patrick Capdevielle

                                                        

Moi je traîne dans le désert depuis plus de vingt-huit jours et
Déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour.
Les fantômes du syndicat, les marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma dune, reprochant mon attitude,
C'est pas très populaire le goût d'la solitude.

(refrain)
Quand t'es dans le désert, depuis trop longtemps,
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées du jeu qu'on veut t'faire jouer,
Les yeux bandés.

Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre
Plongent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste
J'crois pas qu'ils viennent me parler des joies d'la vie d'artiste.
De l'autre côté voilà Caïn toujours aussi lunatique
Son œil est rempli de sable et sa bouche pleine de verdicts
Il trône dans un cimetière de veilles pelles mécaniques.

(refrain)
Les gens disent que les poètes finissent tous trafiquant d'armes
On est cinquante millions de poètes,
C'est ça qui doit faire notre charme
Sur la lune de Saturne mon perroquet sonne l'alarme
C'est drôle mais tout l'monde s'en fout !
Vendredi tombant nulle part, y'a Robinson solitaire
Qui m'a dit : "J'trouve plus mon île, vous n'auriez pas vu la mer ?"
Va falloir que j'lui parle du thermo-nucléaire".

Hier un homme est venu vers moi d'une démarche un peu traînante
Il m'a dit : "T'as t'nu combien d'jours ?" J'ai répondu : "Bientôt trente"
J'me souviens qu'il espérait tenir jusqu'à quarante.
Quand j'ai d'mandé son message il m'a dit d'un air tranquille
"les politiciens finiront tous un jour au fond d'un asile"
j'ai compris que j'pourrais bientôt regagner la ville.

Jean-Patrick Capdevielle

Coluche: "Le Parisien du faubourg" de Victor Hugo

                                                            
Il fait la noce éternelle.
La table est dans la tonnelle ;
Mort ivre, il tombe dessous ;
Et, c’est là sa réussite,
Il va, quand il ressuscite,
Au paradis pour six sous.

Rire et boire, et c’est la vie !
On régale ; on se convie
Sur le vieux comptoir de plomb ;
Toujours fête ; et le dimanche
Tient le lundi par la manche ;
Le dimanche a le bras long.

Le broc luit sous les charmilles.
— Nous tendrons un verre aux filles
Et nous les embrasserons ;
Être heureux, c’est très facile.
La Grèce avait le Pœcile,
La France a les Porcherons.

Las, on se couche aux carrières… -
Oh ! Ce peuple des barrières !
Oh ! Ce peuple des faubourgs !
Fou de gaîtés puériles,
Donnant quelques fleurs stériles
Pour tant de profonds labours !

Il dort, il chante, il s’irrite.
Rome dit : quel sybarite !
Sybaris dit : quel romain !
À toute minute il change ;
Et ce serait un archange
Si ce n’était un gamin.

L’athénien est son père.
Par moments on désespère ;
Il quitte et reprend son bât.
Devinez cette charade :
Il achève en mascarade
Ce qu’il commence en combat.

Il n’a plus rien dans les veines ;
Il emploie aux danses vaines
Ces grands mois, juillet, août ;
Quel bâtard, ou quel maroufle !
— Mais un vent inconnu souffle ;
Il se lève tout à coup,

Tout ruisselant d’espérance,
Disant : je m’appelle France !
Splendide, ivre de péril,
Beau, joyeux, l’âme éveillée,
Comme une abeille mouillée
De rosée au mois d’avril !

Il se lève formidable,
Abordant l’inabordable,
Prenant dans ses poings le feu,
Sonnant l’heure solennelle,
Ayant l’homme sous son aile
Et dans sa prunelle Dieu !

Fier, il mord dans le fer rouge.
Il change en éden le bouge,
Enfante chefs et soldats,
Et, se dressant dans sa gloire,
Finit sa chanson à boire
Par ce cri : Léonidas !

Qu’un autre lui jette un blâme.
Il est le peuple et la femme ;
C’est l’enfant insoucieux
Qui soudain s’allume et brille ;
Il descend de la Courtille,
Mais il monte dans les cieux.



Victor Hugo
Les Quatre Vents de l’esprit
Guernesey, 16 juin 1859.

mercredi 25 janvier 2012

Là, dans un bosquet entouré de fleurs, dort l'hermaphrodite, profondément assoupi sur le gazon, mouillé de ses pleurs.

La lune a dégagé son disque de la masse des nuages, et caresse avec ses pâles rayons cette douce figure d'adolescent. Ses traits expriment l'énergie la plus virile, en même temps que la grâce d'une vierge céleste. Rien ne paraît naturel en lui, pas même les muscles de son corps, qui se fraient un passage à travers les contours harmonieux de formes féminines. Il a le bras recourbé sur le front, l'autre main appuyée contre la poitrine, comme pour comprimer les battements d'un cœur fermé à toutes les confidences, et chargé du pesant fardeau d'un secret éternel. Fatigué de la vie, et honteux de marcher parmi des êtres qui ne lui ressemblent pas, le désespoir a gagné son âme, et il s'en va seul, comme le mendiant de la vallée. Comment se procure-t-il les moyens d'existence? Des âmes compatissantes veillent de près sur lui, sans qu'il se doute de cette surveillance, et ne l'abandonnent pas: il est si bon! il est si résigné! Volontiers il parle quelquefois avec ceux qui ont le caractère sensible, sans leur toucher la main, et se tient à distance, dans la crainte d'un danger imaginaire. Si on lui demande pourquoi il a pris la solitude pour compagne, ses yeux se lèvent vers le ciel, et retiennent avec peine une larme de reproche contre la Providence; mais, il ne répond pas à cette question imprudente, qui répand, dans la neige de ses paupières, la rougeur de la rose matinale. Si l'entretien se prolonge, il devient inquiet, tourne les yeux vers les quatre points de l'horizon, comme pour chercher à fuir la présence d'un ennemi invisible qui s'approche, fait de la main un adieu brusque, s'éloigne sur les ailes de sa pudeur en éveil, et disparaît dans la forêt. On le prend généralement pour un fou. Un jour, quatre hommes masqués, qui avaient reçu des ordres, se jetèrent sur lui et le garrottèrent solidement, de manière qu'il ne pût remuer que les jambes. Le fouet abattit ses rudes lanières sur son dos, et ils lui dirent qu'il se dirigeât sans délai vers la route qui mène à Bicêtre. Il se mit à sourire en recevant les coups, et leur parla avec tant de sentiment, d'intelligence sur beaucoup de sciences humaines qu'il avait étudiées et qui montraient une grande instruction dans celui qui n'avait pas encore franchi le seuil de la jeunesse, et sur les destinées de l'humanité où il dévoila entière la noblesse poétique de son âme, que ses gardiens, épouvantés jusqu'au sang de l'action qu'ils avaient commise, délièrent ses membres brisés, se traînèrent à ses genoux, en demandant un pardon qui fut accordé, et s'éloignèrent, avec les marques d'une vénération qui ne s'accorde pas ordinairement aux hommes. Depuis cet événement, dont on parla beaucoup, son secret fut deviné par chacun, mais on paraît l'ignorer, pour ne pas augmenter ses souffrances; et le gouvernement lui accorde une pension honorable, pour lui faire oublier qu'un instant on voulut l'introduire par force, sans vérification préalable, dans un hospice d'aliénés. Lui, il emploie la moitié de son argent; le reste, il le donne aux pauvres. Quand il voit un homme et une femme qui se promènent dans quelque allée de platanes, il sent son corps se fendre en deux de bas en haut, et chaque partie nouvelle aller étreindre un des promeneurs; mais, ce n'est qu'une hallucination, et la raison ne tarde pas à reprendre son empire. C'est pourquoi, il ne mêle sa présence, ni parmi les hommes, ni parmi les femmes; car, sa pudeur excessive, qui a pris jour dans cette idée qu'il n'est qu'un monstre, l'empêche d'accorder sa sympathie brûlante à qui que ce soit. Il croirait se profaner, et il croirait profaner les autres. Son orgueil lui répète cet axiome: « Que chacun reste dans sa nature. » Son orgueil, ai-je dit, parce qu'il craint qu'en joignant sa vie à un homme ou à une femme, on ne lui reproche tôt ou tard, comme une faute énorme, la conformation de son organisation. Alors, il se retranche dans son amour-propre, offensé par cette supposition impie qui ne vient que de lui, et il persévère à rester seul, au milieu des tourments, et sans consolation. Là, dans un bosquet entouré de fleurs, dort l'hermaphrodite, profondément assoupi sur le gazon, mouillé de ses pleurs. Les oiseaux, éveillés, contemplent avec ravissement cette figure mélancolique, à travers les branches des arbres, et le rossignol ne veut pas faire entendre ses cavatines de cristal. Le bois est devenu auguste comme une tombe, par la présence nocturne de l'hermaphrodite infortuné. O voyageur égaré, par ton esprit d'aventure qui t'a fait quitter ton père et ta mère, dès l'âge le plus tendre; par les souffrances que la soif t'a causées, dans le désert; par ta patrie que tu cherches peut-être, après avoir longtemps erré, proscrit, dans des contrées étrangères; par ton coursier, ton fidèle ami, qui a supporté, avec toi, l'exil et l'intempérie des climats que te faisait parcourir ton humeur vagabonde; par la dignité que donnent à l'homme les voyages sur les terres lointaines et les mers inexplorées, au milieu des glaçons polaires, ou sous l'influence d'un soleil torride, ne touche pas avec ta main, comme avec un frémissement de la brise, ces boucles de cheveux, répandues sur le sol, et qui se mêlent à l'herbe verte. Écarte-toi de plusieurs pas, et tu agiras mieux ainsi. Cette chevelure est sacrée; c'est l'hermaphrodite lui-même qui l'a voulu. Il ne veut pas que des lèvres humaines embrassent religieusement ses cheveux, parfumés par le souffle de la montagne, pas plus que son front, qui resplendit, en cet instant, comme les étoiles du firmament. Mais, il vaut mieux croire que c'est une étoile elle-même qui est descendue de son orbite, en traversant l'espace, sur ce front majestueux, qu'elle entoure avec sa clarté de diamant, comme d'une auréole. La nuit, écartant du doigt sa tristesse, se revêt de tous ses charmes pour fêter le sommeil de cette incarnation de la pudeur, de cette image parfaite de l'innocence des anges: le bruissement des insectes est moins perceptible. Les branches penchent sur lui leur élévation touffue, afin de le préserver de la rosée, et la brise, faisant résonner les cordes de sa harpe mélodieuse, envoie ses accords joyeux, à travers le silence universel, vers ces paupières baissées, qui croient assister, immobiles, au concert cadencé des mondes suspendus. Il rêve qu'il est heureux; que sa nature corporelle a changé; ou que, du moins, il s'est envolé sur un nuage pourpre, vers une autre sphère, habitée par des êtres de même nature que lui. Hélas! que son illusion se prolonge jusqu'au réveil de l'aurore! Il rêve que les fleurs dansent autour de lui en rond, comme d'immenses guirlandes folles, et l’imprègnent de leurs parfums suaves, pendant qu'il chante un hymne d'amour, entre les bras d'un être humain d'une beauté magique. Mais, ce n'est qu'une vapeur crépusculaire que ses bras entrelacent; et, quand il se réveillera, ses bras ne l'entrelaceront plus. Ne te réveille pas, hermaphrodite; ne te réveille pas encore, je t'en supplie. Pourquoi ne veux-tu pas me croire? Dors... dors toujours. Que ta poitrine se soulève, en poursuivant l'espoir chimérique du bonheur, je te le permets; mais, n'ouvre pas tes yeux. Ah ! n'ouvre pas tes yeux! Je veux te quitter ainsi, pour ne pas être témoin de ton réveil. Peut-être un jour, à l'aide d'un livre volumineux, dans des pages émues, raconterai-je ton histoire, épouvanté de ce qu'elle contient, et des enseignements qui s'en dégagent. Jusqu'ici, je ne l'ai pas pu; car, chaque fois que je l'ai voulu, d'abondantes larmes tombaient sur le papier, et mes doigts tremblaient, sans que ce fût de vieillesse. Mais, je veux avoir à la fin ce courage. Je suis indigné de n'avoir pas plus de nerfs qu'une femme, et de m'évanouir, comme une petite fille, chaque fois que je réfléchis à ta grande misère. Dors... dors toujours; mais, n'ouvre pas tes yeux. Ah! n'ouvre pas tes yeux! Adieu, hermaphrodite! Chaque jour, je ne manquerai pas de prier le ciel pour toi (si c'était pour moi, je ne le prierai point). Que la paix soit dans ton sein!

Les Chants de Maldoror - Chant deuxième/7
Le Comte de Lautréamont

                                    
                                         


                                             "Hermaphrodite endormi"                                
                                        (Œuvre romaine - IIe siècle ap. JC)

mercredi 28 décembre 2011

UNA CONFESIÓN

Como nada de esto tiene sentido,
como la memoria es una soga,
como tú y yo estamos ciegos,
tengo que confesar:
Caminé. Cuando pensé
que la tierra bajo mis pies
era un camino, caminé
hasta llegar a la costa
y pasé la noche ahí
oyendo el agua,
expuesto a la luz de las estrellas
de millones de años. 

2
El invierno era el entierro de un niño,
la primavera, una comida silenciosa,
el verano
un cuarto lleno de entretenimientos.
¿Por cuántos cientos de años
los pintores recurrieron a un jarrón como éste,
a la luz filtrándose por entre los pétalos
para describir el mundo?
Las sencillas flores de Renoir y de van Gogh
en un sencillo florero.
Estás pintando ahora, nuevamente
para llenar el espacio.

3
En aquellos primeros días yo también
elegí el silencio. Parecía, al principio,
más honesto que forzar palabras
tras lo cual – más silencio.
Pero estas noches la puerta permanece
abierta entre mundos opuestos:
uno en el que todavía soy tu hombre
y estoy contento de serlo,
pero otro en el que un barco sin nombre,
desatado de sus amarras,
se aleja a la deriva del puerto
hacia la incertidumbre.

Pat Boran
Irlanda - 1963 
                                  Leído en: Poema del día - Escuela de Poesía Grupo Cero

dimanche 18 décembre 2011

Taller de lectura - Ibiza -

                                              Volver a los textos, los antiguos, se trate de la Biblia,
                               de Hölderlin, de Balzac o de Freud, es una buena manera
                                 de irritarse, a ellos los Grandes, los sabios,
                                   les pesaba en su vida lo mismo que a mí o a ti.”
                                                                                      María Chévez

           LA ODISEA de HOMERO  
   
                  EL BANQUETE de PLATON

                                     Lunes de 19h a 20h
                          a partir del 9 de enero 2012 

           Reserve su plaza al 649.920.169 
                               o al 971.19.34.81


Organiza Aula de repaso e idiomas – IBIZA
C/Fray Vicente Nicolás

Aun menos que reliquias

Son apenas dos piedras.
Nada más que dos piedras sin inscripción alguna,
recogidas un día para ser sólo piedras en el altar de la
memoria.
Aun menos que reliquias, que testigos inermes hasta el juicio
final.
Rodaron hasta mí desde las dos vertientes de mi genealogía,
más remotas que lapas adheridas a ciegas a la prescindencia y al sopor.
Y de repente cierto matiz intencionado,
cierto recogimiento sospechoso entre los tensos bordes a
punto de estallar,
el suspenso que vibra en una estría demasiado insidiosa,
demasiado evidente,
me anuncian que comienzan a oficiar desde los anfiteatros
de los muertos.

¿A qué aluden ahora estas dos piedras fatales, milenarias,
con sus brillos cruzados como la sangre que se desliza por mis venas?
A fábulas y a historias, a estirpes y a regiones
entretejidas en un solo encaje desde los dos costados del
destino
hasta la trama de mis huesos.

Exhalan otra vez ese tiempo ciclópeo en que los dioses eran
mis antepasados
-malhechores solemnes, ocultos en la ola, en el volcán y en
las estrellas,
bajaron a la isla a trasplantar sus templos, sus represalias,
sus infiernos-
y también esos siglos de las tierras hirsutas, emboscadas en el ojo del zorro,
hambrientas en el bostezo del jaguar, inmensas en el cambio
de piel de la serpiente.
Pasan héroes de sandalias al viento y monstruos confabulados con la roca,
pueblos que traficaron con el sol y pueblos que sólo fueron
dinastías de eclipses,
invasiones tenaces como regueros de hormigas sobre un mapa
de coagulada miel;
y aquí pasan las nubes con su ilegible códice, excursiones
salvajes,
y el brujo de la tribu domesticando a los grandes espíritus
como un encantador de pájaros
para que hablen por el redoble de la lluvia, por el fuego o el
grano,
por la boca colmada de la humilde vasija.
En un friso de nieblas se inscribe la mitad confusa de mi
especie,
mientras cambian de vestiduras las ciudades o trepan las
montañas o se arrojan al mar,
sus bellos rostros vueltos hacia el último rey, hacia el último
éxodo.

Un cortejo de sombras viene del otro extremo de mi herencia,
llega con el conquistador y funda las colonias del odio, de la
espada y la codicia,
para expropiar el aire, los venados, los matorrales y las almas.
Se aproxima una aldea encallada en lo alto del abismo igual
que un arca rota,
una agreste corona que abandonó el normando y recogieron
los vientos y la cabras,
mucho antes que el abuelo conociera la risa y los brebajes
para expulsar los males
y la abuela, tan alta, enlutara su corazón con despedidas y
desgastara los rosarios.
Ahora se ilumina un caserío alrededor del espinillo, el ciego
y el milagroso santo;
es polvareda y humo detrás de los talones del malón, de los
perros extraídos del diablo,
poco antes que el abuelo disfrazara de fantasmas las viñas, los
miradores, los corrales,
y la abuela se internara por bosques embrujados a perseguir el
ave de los siete colores
para bordar con plumas la flor que no se cierra.
Y allá viene mi padre, con el océano retrocediendo a sus
espaldas.
Y allá viene mi madre flotando con caballos y volanta.
Yo estoy en una jaula donde comienza el mundo en un
gemido y continúa en la ignorancia.

Pero detrás de mí no queda nadie para seguir hilando la trama
de mi raza.
Estas piedras lo saben, cerradas como puños obstinados.
Estas piedras aluden nada más que a unos huesos cada vez
más blancos.
Anuncian solamente el final de una crónica,
apenas una lápida.


OLGA OROZCO

Argentina, 1920

Conversaciones
Miguel Oscar Menassa

samedi 17 décembre 2011

SIETE CONFERENCIAS DE PSICOANÁLISIS EN LA HABANA. CUBA - Miguel Oscar Menassa

Este libro recientemente editado ha visto la luz en forma inmediata al dictado de las conferencias que le da título.
Indispensable tanto para especialistas como para neófitos que deseen acceder a una versión genuina y sin concesiones sobre el Psicoanálisis y con él a los pensamientos más vigentes de nuestro tiempo sobre la sexualidad, la creación, las posibilidades múltiples de la transformación a que nos aboca esta disciplina generada en nuestro siglo y dispuesta ya a atravesar sus confines para penetrar en las propuestas del siglo XXI.
Un lenguaje preciso y eficaz hace asequibles las mayores complejidades ante las cuales este nuevo saber nos dispone.
Miguel Oscar Menassa, su autor nos permite un paseo por los conceptos y las ideas a través de una versión específicamente articulada y acuñada en treinta años de trabajo y publicaciones ininterrumpidas alrededor de estos temas.
Logra, sin duda, actualizar y poner en su lugar los pensamientos de una Cuba algo desamparada por el Psicoanálisis, a pesar de las dificultades que pueda presentar un pensamiento, al respecto, detenido.
Menassa va movilizando en sus Siete Conferencias la palabra
y la imaginación.
Presente en su discurso la transmisión, es capaz de transitar un deseo capaz de convocar a una red invisible de entusiastas y  practicantes de esta ciencia contemporánea.
El esfuerzo por acercarla a oídos casi vírgenes hace de su decir un camino sin los obstáculos de frases trajinadas.
El autor también consigue ofrecernos los temas más arduos con sencillez y belleza, sin reducciones ni concesiones, con la calidez peculiar de su discurso.
Este libro «dicho» en el calor del trópico es un texto abierto y libre para ser leído y entendido en cualquier geografía, en cualquier idioma.
Como el mismo Psicoanálisis, como el mismo autor lo dice en estas Conferencias de La Habana: Todo progreso en el hombre produce zozobra, para agregar en otro lugar de este texto que comentamos: Cuando le quito grandiosidad, se vuelve normal.
Poner al alcance de cualquier lector la realidad, la velocidad, el vértigo de la apuesta psicoanalítica es lo que logra Miguel Oscar Menassa en sus Siete Conferencias en La Habana. Esfuerzo y destreza en los que evidentemente la Editorial Grupo Cero quiso estar presente, brindando al público lector este libro de nuestra realidad más candente.

Madrid 1997


                                                                                

samedi 10 décembre 2011

POSTRE DE DULCE DE LECHE CON TARANTELLA NAPOLITANA


ODA AL BLOG FIDEOS AL PESTO.

POSTRE DE DULCE DE LECHE CON TARANTELLA NAPOLITANA

Escucho a Rosini en la voz de Carusso,
esta tarantella que se mete en la sangre
con su ritmo de yegua en pleno trote,
el mismo que le imprimen mis caderas
a tus desaforadas, floridas estaciones.
.
Mientras dejo que las galletas de chocolate,
el fruto del frondoso cacaotero,
alimento de dioses mayas de poderoso efecto afrodisíaco
-cuando se pronuncian sus sílabas en buena compañía-
se empapen en silencio en rico café expreso,
elixir de los monjes capuchinos
que sabían gozar de terrenos placeres, además de sus rezos. 
Y ahora el logro de la ciencia culinaria que es el dulce de leche,
se derrama en el plato dejando el blanco tesoro de las ubres
de una búfala en celo: delicioso Mascarpone
manchado para siempre con el color canela de tu piel.
.
Copulan en el cuenco leche de glándulas nectarias de la argentina pampa
con la destilación de preñadas búfalas de las llanuras italianas,
al son de mis muñecas poseídas por la tarantella,
y el trote del batir se hace galope al ritmo de Carusso.
.
Después de colocar las galletas empapadas, mujeres lúbricas
en el recipiente que las espera, las corono sin posibilidad de abdicación,
con el resultado canela de la cópula, y repitiendo dos veces el conjuro,
peino la cima de esta planicie conseguida de continentes hermanados:
la anciana y bella Europa y la creciente y pletórica vegetación americana.
.
derramo el dulce que resta hasta cubrirla,
y hago que las nueces traviesas, pequeños cerebritos,
recorran superficies del perenne deseo acontecido entre cucharas.

.
Y te dejo que me digas que estoy para comerme,
te dejo que me llames bomboncito, y que me muerdas,
mientras el frigorífico atempera la mezcla,
que ambos devoraremos a nuestro despertar,
para saciar un hambre de otra índole.
Alejandra Menassa 
  

                                                      
   

ODA A FIDEOS AL PESTO

                                                                                
No sabía que te iba a conocer,
he recorrido el mundo y he girado
hasta encontrar esos fideos
esas infinitas formas del placer oral
Comer es un placer
oral, mineral, descomunal,
tal vez frugal, tal vez pantagruélico.
Insaciable es el gozar,
no importa el pan
cuando la música marca el paso
entrecorta el beso,
suspendido por un instante.
El peso que acontecerá,
no sopesa ni repesa.
Fidáws, Nodus, noodle, hilo,
en mozárabe, latín, inglés, chino,
en la mesa nada importa.
Quien lo sabe, quien no lo sabrá,
más de 4.000 años hace ya.
Entre el fideo y la boca está la pasión.
pasión perdida y encontrada
maniatada por fulgores errantes
exprimida por remordimientos vanos.
Entre el fideo y la música está el amor
amor que vierte sus zumos en mi oído
abierto a penetrantes vibraciones
recorriendo mi cuerpo ahíto.

Amelia Diez Cuesta 

vendredi 9 décembre 2011

POEMA EQUIDISTANTE

No sólo querían dominar al que caía de sus propias manos,
querían su claudicación por escrito y en lengua extranjera.
No sólo querían inventar el mundo y la política,
querían que no existiera nada antes de ellos mismos.
Parsimonias incesantes cautivaban sus regazos,
vértigos carismáticos se escudaban marchitos
en una sucesión interminable de decisiones rotas
que latían a espaldas de cada miembro incivil.
Pueblos insolentes y aburguesados
se escondían entre escombros de diseño,
hablaban de lo incomprensible y se abandonaban
en las garras majestuosas de la falta de misterio.
No reces y trabaja duro, no pienses y lee poesía,
no recuerdes y escribe, no dudes y aúlla sin parar.
Después cuando crezcas en esa dirección desconocida
te darás cuenta que eres un existente, una ráfaga
imperturbable, una cuestión sin puertas,
un hombre, una mujer, naciendo en todas direcciones.

AMELIA DÍEZ CUESTA