Roule la sphère sur le vert
elle n’a pas commencé seule son chemin,
avec elle roule le pied,
roule la force de l’athlétique genou,
roule tout le corps incliné
vers l’avant, roulent
les pensées du joueur.
.
Elle a été frappée par la force précise,
et elle est maintenant un bébé zèbre
fuyant de l’été torride.
et elle est maintenant un bébé zèbre
fuyant de l’été torride.
Le joueur la regarde,
sûr de son destin.
Le cœur du public
est un champ désolé,
après une bataille.
.
sûr de son destin.
Le cœur du public
est un champ désolé,
après une bataille.
.
Il a suspendu son battement, ou mieux encore,
il a transféré son battement
il a transféré son battement
à ce rejeton de pingouin
qui dévore chaque brin d’herbe,
qui dévore chaque brin d’herbe,
et se dirige vers les bras
de cette mère qui l’aimera
d’une étreinte enveloppante.
.
de cette mère qui l’aimera
d’une étreinte enveloppante.
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Le joueur, qui pense
à son négoce d’oranges au Connecticut,
qui a caressé sa femme hier
avec la même main avec laquelle il prie maintenant.
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à son négoce d’oranges au Connecticut,
qui a caressé sa femme hier
avec la même main avec laquelle il prie maintenant.
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Le joueur, pour qui ce but
serait encore cent fois
plus agréable qu’un orgasme.
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serait encore cent fois
plus agréable qu’un orgasme.
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Le joueur, qui paie les impôts,
et qui pleure parfois en lisant Paul Éluard,
le fête presque,
dans sa rétine, la sphère est imprimée
dans le filet qui ne pèse pas.
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et qui pleure parfois en lisant Paul Éluard,
le fête presque,
dans sa rétine, la sphère est imprimée
dans le filet qui ne pèse pas.
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Mais l’adversaire, aussi
s’est allongé sur le vert
à l’heure précise.
Il a aussi lancé sa jambe
à l’heure précise.
s’est allongé sur le vert
à l’heure précise.
Il a aussi lancé sa jambe
à l’heure précise.
Le ballon s’arrête,
le cœur du public
est un vacarme atroce.
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le cœur du public
est un vacarme atroce.
.
Le joueur sent l’effervescence
de son élan.
.
de son élan.
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L’adversaire ébauche un sourire
perpendiculaire au vert.
perpendiculaire au vert.
Et le ballon est une larme,
blanche et noire,
sur l’échiquier désolé.
blanche et noire,
sur l’échiquier désolé.
Traduction de Claire Deloupy Marchand
Rossignol du temps
Huile sur toile de Virginia Valdominos
c´est magnifique.
RépondreSupprimerUn abrazo grande
Carlos Fernández
Hola Carlos, muchísimas gracias.
RépondreSupprimerOlvidé mencionar que la traducción es de Claire Deloupy. ¡Su trabajo de traducción es un tesoro par mí!
Felices fiestas.
Hola Silvye! Al principio creí que eras tú la que había traducido el poema, pero es cierto, me has hecho recordar que tengo un montón de poemas traducidos al francés en la página.
RépondreSupprimerUn beso y gracias por publicarlo.